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Briques de yoga : quelle hauteur choisir pour s'aligner ?
Postures & Alignement

Briques de yoga : quelle hauteur choisir pour s'aligner ?

Une brique de yoga standard mesure environ 22 × 11 × 7 cm. Posée à plat, elle offre 7 cm de hauteur. Sur la tranche, 11 cm. Dressée sur sa plus petite face, elle monte à environ 22 cm.

Briques de yoga: quelle hauteur choisir pour s'aligner?

Trois niveaux de soutien, trois lectures du sol, trois façons d'ajuster l'alignement d'un même geste — et c'est précisément ce que la majorité des pratiquants ignore.

La brique n'est pas un accessoire de substitution, encore moins un coussin de compensation réservé aux débutants. C'est un instrument à géométrie variable. Le choix de la hauteur détermine l'angle d'un appui, l'ouverture d'un bassin, la verticalité d'un dos et la répartition de l'effort dans les articulations. Autant dire qu'il engage directement la qualité de la posture et la sécurité du geste.

L'erreur courante consiste à penser que la brique sert seulement à rapprocher le sol lorsque le corps ne « descend » pas assez. En réalité, elle permet surtout de modifier la relation entre le corps et le sol sans abandonner l'intention de la posture. L'école Iyengar — qui a systématisé son usage depuis des décennies — la traite comme un outil d'ajustement fin, au même titre qu'une sangle ou qu'un bolster. L'enjeu n'est pas de remplacer ce que le corps ne fait pas, mais de mesurer avec précision la distance entre le sol et l'articulation.

La brique n'est pas un raccourci vers la posture. C'est un instrument de mesure entre votre corps et le sol.

La géométrie des blocs: comprendre les trois niveaux de soutien

Le format standard — environ 22 × 11 × 7 cm — est conçu pour offrir trois hauteurs utiles sans changer d'accessoire. Il ne s'agit pas de trois briques différentes, mais de trois orientations du même bloc. Cette distinction paraît élémentaire; elle évite pourtant une confusion fréquente dans les cours et les conseils d'achat: la hauteur annoncée dépend de la face qui repose sur le tapis.

Lorsque la brique repose sur sa face la plus large, sa hauteur correspond à son épaisseur, soit environ 7 cm. Sur la tranche, elle atteint 11 cm. Dressée sur sa face la plus étroite, elle utilise toute sa longueur et offre environ 22 cm de soutien. Cette dernière position est la plus haute, mais aussi celle qui demande le plus d'attention: la base au sol est moins large et la stabilité dépend davantage du matériau, du tapis et de la direction de la pression.

Le format XL, plus volumineux — par exemple 23 × 15 × 10 cm — élargit cette plage et convient davantage aux gabarits imposants ou aux pratiquants qui recherchent une surface d'appui plus large. À l'inverse, le format fin, autour de 7,5 cm d'épaisseur, privilégie la préhension pour les petites mains et les gestes précis. Il peut aussi être intéressant lorsque quelques centimètres suffisent à préserver la longueur du dos sans créer une sensation de surélévation excessive.

Orientation de la briqueHauteur de soutien sur un modèle de 22 × 11 × 7 cmUsage typique
À plat, face de 22 × 11 cm au solEnviron 7 cmPostures au sol, flexions avant, soutien sous les ischions
Sur la tranche, face de 22 × 7 cm au solEnviron 11 cmPostures intermédiaires, ouverture de hanche, appui sous les mains
Dressée, face de 11 × 7 cm au solEnviron 22 cmPostures debout, appui de main dans le Triangle, certains équilibres

La hauteur ne suffit cependant pas à décrire la qualité d'un appui. Une brique dressée à 22 cm peut être très utile pour une personne dont la main reste loin du sol, mais elle présente une base plus étroite qu'une brique posée à plat. Dans une posture statique, cela impose de vérifier que le bloc ne bascule pas lorsque le poids se déplace. On place la brique sur un tapis stable, on évite les surfaces trop molles et l'on teste d'abord l'appui avec une pression progressive.

Cette modularité est le principal atout de l'objet. Elle permet d'ajuster l'aide sans manipuler un autre accessoire, simplement en retournant la brique. C'est un gain de temps dans une séance, mais surtout un gain de justesse: la hauteur n'est jamais figée, elle suit la posture, le moment de la séance et la fatigue du pratiquant. Une même brique peut ainsi servir trois fois dans la même séquence — sous la main dans un Triangle, sous le bassin dans une posture assise, puis sous les ischions en méditation.

Ce que change réellement chaque niveau

À 7 cm, la brique accompagne sans prendre toute la place. Elle convient lorsqu'un mouvement est déjà relativement disponible et qu'il faut seulement préserver une ligne: garder le dos long dans une flexion avant, soutenir légèrement le bassin ou éviter qu'un genou ne parte dans une direction inconfortable. C'est souvent la hauteur qui permet de sentir si l'on peut réduire progressivement le soutien.

À 11 cm, le bloc devient un véritable relais entre le corps et le sol. La main peut s'y déposer sans que l'épaule s'effondre, le bassin peut être suffisamment surélevé pour retrouver une assise plus verticale et la posture gagne une marge de manœuvre appréciable. Pour beaucoup de pratiquants, cette orientation représente le meilleur compromis entre accessibilité et stabilité.

À 22 cm, le bloc rapproche nettement le sol de la main. Cette hauteur est précieuse dans les postures debout lorsque l'on veut conserver l'ouverture du thorax et la longueur des deux flancs. Elle ne doit pas être considérée comme une étape « facile » ou comme une hauteur à abandonner dès que la souplesse progresse. Dans certaines morphologies, elle reste la meilleure option pour respecter la structure de la posture.

Adapter l'épaisseur à votre morphologie et votre souplesse

L'épaisseur du bloc et son orientation répondent à deux questions différentes. L'épaisseur correspond à la hauteur minimale disponible; l'orientation permet ensuite de choisir la distance exacte entre la main, le bassin ou le genou et le sol. Une brique épaisse de 10 cm offre, dans ses trois positions, des repères différents d'un modèle standard de 7 cm. Il faut donc regarder les dimensions complètes plutôt que le seul mot « standard » inscrit sur l'emballage.

Pour un débutant, un bloc autour de 10 cm d'épaisseur procure généralement un soutien généreux. Il limite les angles trop fermés et évite de forcer sur les articulations — en particulier les poignets, les genoux et les lombaires. Un modèle de 7 à 7,5 cm peut être préférable lorsque les mains sont petites ou lorsque l'on recherche un appui moins encombrant. Le choix ne se fait pas en fonction d'un niveau supposé, mais de la distance réelle à combler et de la façon dont le corps réagit.

Quelques repères concrets peuvent orienter le premier choix:

  • Mains petites ou gestes très précis: une épaisseur autour de 7 à 7,5 cm se saisit plus facilement. La brique prolonge le bras sans donner l'impression de tirer sur le poignet, et la hauteur basse suffit dans de nombreuses postures.
  • Première année de pratique ou raideur marquée: un modèle autour de 10 cm offre davantage de possibilités dès le départ. Il permet d'explorer les différentes orientations sans demander au corps de s'organiser trop vite autour du sol.
  • Bassin qui bascule en arrière en position assise: la question n'est pas la souplesse des jambes, mais la hauteur qui permet aux genoux de descendre sans arrondir le bas du dos. On commence souvent à plat, puis on passe sur la tranche si le sacrum reste lourd vers l'arrière.
  • Bras longs, buste court ou grande amplitude de mouvement: la hauteur la plus basse peut suffire dans une posture où une autre personne aurait besoin de surélever davantage la main. La comparaison se fait devant soi, pas à partir d'une consigne identique pour tout le monde.
  • Pratique dynamique: l'épaisseur compte, mais la densité et la stabilité deviennent déterminantes. Une brique très légère qui glisse ou s'enfonce perturbe davantage le geste qu'un bloc un peu plus lourd.

La morphologie entre aussi en compte. Une carrure large, des bras longs, un bassin large ou une cage thoracique profonde modifient la distance entre la main et le sol. Dans le Triangle, deux personnes placées à la même distance des pieds peuvent avoir besoin de hauteurs différentes pour garder les épaules dans le même axe. La hauteur maximale d'un modèle standard — environ 22 cm lorsqu'il est dressé — raccourcit nettement cette distance; la hauteur minimale, autour de 7 cm, rallonge le geste et invite à davantage d'engagement musculaire.

Il faut également tenir compte de la mobilité du jour. Un corps froid au début d'une séance, une fatigue des ischio-jambiers ou une gêne au poignet peuvent rendre une hauteur habituelle inadaptée. Utiliser le bloc sur la tranche plutôt qu'à plat n'est pas régresser; c'est reconnaître que l'alignement est une relation mouvante entre une structure et un effort.

Il existe un signe simple: lorsque la brique est trop basse, le corps compense. L'épaule se rapproche de l'oreille, le dos se tasse, le bassin pivote ou le poids fuit vers l'extérieur de la main. Lorsqu'elle est trop haute, l'appui peut devenir artificiel: on pousse dans le bloc pour se maintenir, ou l'on perd la possibilité de laisser la posture évoluer. La bonne hauteur est celle qui rend l'organisation plus claire, pas celle qui produit la forme la plus spectaculaire.

Le bon matériau n'est pas celui qui « fait yoga ». C'est celui qui ne trahit pas votre ajustement au moment où vous en avez besoin.

Stabilité versus confort: choisir entre mousse, liège et bois

Le matériau change radicalement la sensation de la brique et donc son usage pertinent. Trois familles se partagent l'essentiel des usages: la mousse EVA, le liège et le bois. Elles ne se distinguent pas seulement par leur poids ou leur prix. Leur densité, leur texture et leur capacité à se déformer modifient la manière dont la main, le pied ou le bassin peuvent s'appuyer.

MatériauSensation sous la pressionPoints fortsUsage le plus juste
Mousse EVASouple à modérément ferme, légèreConfort, transport, contact agréablePostures au sol, relaxation, soutien sous les genoux ou le dos
LiègeFerme, peu déformable, accrocheurStabilité, adhérence, repère précisPostures debout, alignements, appuis de main et équilibres
BoisTrès rigide, totalement stableBase immobile, retour sensoriel netPostures tenues, pratique Iyengar, assise et soutien sous les ischions

La brique en mousse EVA est souvent la première acquisition. Elle est légère, facile à transporter et agréable sous les paumes. Pour une utilisation brique de yoga débutant, elle peut rassurer: le contact est moins abrupt et le bloc se manipule sans effort. Mais cette souplesse a une contrepartie. Dans une posture d'équilibre debout, la mousse peut s'enfoncer légèrement sous le poids; dans un Triangle, le bord peut se déformer ou se déplacer de quelques millimètres si la pression n'est pas verticale.

Elle reste pourtant très pertinente dès que le contact avec le sol est doux: relaxation, postures assises longues, soutien sous les genoux en Savasana, ou installation d'un appui entre le dos et le mur pour un étirement passif. Elle convient aussi aux personnes qui ressentent une sensibilité au niveau des poignets ou des genoux, à condition de ne pas lui demander une stabilité qu'elle ne peut pas offrir.

Le liège, avec une densité située entre 300 et 325 kg/m³, offre une stabilité nettement supérieure. Sa texture granuleuse accroche la paume et la plante du pied, ce qui en fait un allié de choix pour les postures d'alignement debout. Dans le Triangle, par exemple, une brique en liège dressée sur sa base de 11 × 7 cm offre environ 22 cm de hauteur. La main peut alors trouver un appui ferme sans que le pratiquant ait à raccourcir la posture ou à fermer le thorax pour atteindre le sol.

Cette position haute demande toutefois une installation soignée. Le bloc doit être perpendiculaire au tapis, et non posé sur une arête instable. On vérifie sa résistance avec la paume avant d'y transférer une partie du poids. Le liège est aussi intéressant dans la Demi-lune et l'Angle latéral étendu: il donne un retour très net sur la direction de la poussée et permet de sentir si l'épaule s'organise au-dessus du poignet ou si elle s'effondre vers l'avant.

Le bois pousse la logique jusqu'au bout: rigidité maximale, pas d'absorption, aucune déformation. C'est l'outil de prédilection des pratiquants d'Iyengar et de Hatha précis, qui cherchent un repère immobile dans la posture. Sa dureté exige en revanche de l'intercaler avec un tissu fin, ou de l'éviter pour les appuis sensibles — sommet du crâne, nuque, côtes flottantes. Sous les ischions, en revanche, un bloc de bois posé à plat offre une base inerte et stable, idéale pour les séances de méditation longues.

Le choix du matériau doit donc suivre la nature de l'appui. Pour une main qui pousse et un pied qui cherche un ancrage, la fermeté est généralement prioritaire. Pour un genou, une cheville ou une position maintenue sans transfert de poids important, un matériau plus souple peut apporter un confort utile. La brique parfaite pour toutes les situations n'existe pas; la meilleure combinaison est parfois d'avoir deux blocs de matériaux différents plutôt qu'un seul modèle censé tout faire.

L'art de l'alignement: utiliser la hauteur pour corriger vos postures

Une fois la brique choisie, la question devient: où la placer, et à quelle hauteur? L'alignement ne consiste pas à imposer une ligne identique à tous les corps. Il s'agit plutôt de conserver l'intention de la posture tout en réduisant les compensations qui empêchent de respirer ou de répartir l'effort.

Dans le Triangle, ou Trikonasana, la main inférieure descend traditionnellement vers le sol, parfois vers le tibia ou la cheville. Pour un pratiquant dont le buste ne s'incline pas assez, ou dont la hanche reste fermée, une brique dressée peut rapprocher le support de la main. Sur un modèle de 22 × 11 × 7 cm, cette orientation apporte environ 22 cm de hauteur, et non 15 cm. L'appui recrée une distance praticable sans tasser la posture. Le torse reste ouvert, la hanche peut s'étirer et le regard se porte sans compression du cou.

Le placement compte autant que la hauteur. Si le bloc est trop près du pied avant, le coude se plie et l'épaule part vers l'avant. Trop éloigné, il pousse le pratiquant à chercher le sol avec le bout des doigts et à tourner le bassin de manière excessive. On cherche un point où la paume peut se poser franchement, où le bras reste actif et où les deux flancs gardent de la longueur. La brique ne sert pas à soutenir un poids abandonné; elle sert à créer une direction de poussée.

Dans la Demi-lune, ou Ardha Chandrasana, la brique dressée est souvent utile lorsque la main inférieure ne peut pas atteindre le sol sans faire pivoter le thorax vers le bas. La hauteur de 22 cm peut permettre d'installer d'abord l'équilibre, puis de réduire progressivement le soutien sur la tranche à environ 11 cm. Mais la descente n'est pas une obligation. Si la hauteur maximale permet de garder la jambe d'appui engagée, le bassin organisé et la respiration libre, elle reste la bonne hauteur.

Le même principe s'applique à l'Angle latéral étendu, ou Utthita Parsvakonasana. La main peut se poser sur une brique plutôt que de s'écraser à l'intérieur du pied. Le bloc sert alors à maintenir une continuité entre la poussée du pied arrière, l'ouverture du bassin et l'allongement du flanc supérieur. Lorsque la brique est trop basse, le coude cherche le sol avant que le bassin ne soit prêt; lorsque le bloc est suffisamment haut, la posture peut rester active sans devenir une inclinaison forcée.

Dans les flexions avant comme Uttanasana, la brique sous les mains réduit l'effort des ischio-jambiers et permet de garder le dos long. On la pose à plat, à environ 7 cm, pour un soutien modéré; on la place sur la tranche, à environ 11 cm, si l'écart entre le buste et les cuisses reste important. L'usage est presque inverse à celui des postures debout: on ne cherche plus seulement à allonger le bras, on cherche à rapprocher le sol de la main sans creuser le dos ni tirer sur la nuque.

En Paschimottanasana, la brique peut aussi soutenir le front, mais uniquement si l'installation ne comprime ni le cou ni la respiration. Le support doit accompagner la flexion, pas pousser la tête vers les genoux. Dans ce cas, la hauteur n'est pas choisie pour aller plus loin; elle est choisie pour permettre au système nerveux de rester calme et au dos de ne pas se contracter pour « tenir » la position.

Lire les compensations avant de changer de hauteur

Lorsqu'une posture ne semble pas fonctionner, on modifie souvent immédiatement la position des pieds ou l'orientation du bassin. La brique offre un autre premier réglage: modifier le niveau d'appui. Quelques signes permettent de savoir dans quelle direction aller:

  • Si l'épaule s'enroule et que le poids tombe dans le poignet, la brique est probablement trop basse ou trop éloignée.
  • Si le dos se raccourcit du côté qui descend, il faut souvent remonter l'appui plutôt que forcer l'inclinaison.
  • Si le bassin se déplace pour atteindre la main, la hauteur ne permet pas encore de conserver l'organisation de la posture.
  • Si le bloc glisse ou s'enfonce, le problème vient du matériau ou de la surface avant de venir de la souplesse.
  • Si la brique devient un support passif sur lequel tout le poids s'abandonne, il faut retrouver une poussée active des pieds et de la main.

On peut comparer deux hauteurs dans une même posture et observer la différence sur le bassin, les lombaires et l'ouverture thoracique. Ce travail est particulièrement utile avec deux briques identiques: l'une sous la main, l'autre sous le pied ou contre un mur, selon la posture. Il ne s'agit pas de multiplier les accessoires, mais de rendre les sensations comparables.

L'alignement avec briques ne doit pas se réduire à une photographie de la forme extérieure. Une posture peut sembler plus profonde avec une brique basse tout en étant moins organisée. À l'inverse, une hauteur de 22 cm peut donner une ligne plus sobre, mais permettre une respiration plus régulière et une meilleure continuité entre les appuis. Le critère n'est pas la proximité avec le sol; c'est la qualité de la relation entre les différentes parties du corps.

Optimiser la posture assise et la méditation par la surélévation

En position assise — Lotus, Demi-lotus, Siddhasana, Vajrasana ou simple posture croisée — la brique remplit une fonction presque invisible mais déterminante: surélever les ischions, ces os du bassin sur lesquels repose le poids du buste. Posée à plat, à environ 7 cm, ou sur la tranche, à environ 11 cm, sous le bassin, elle incline légèrement celui-ci vers l'avant. Cette orientation libère la courbure lombaire et aide le dos à se redresser sans effort excessif.

La hauteur à choisir dépend de la relation entre le bassin et les genoux. Si les genoux restent très hauts et que le bassin bascule vers l'arrière, une surélévation plus importante peut créer l'espace nécessaire pour que les cuisses descendent progressivement. Si les genoux sont déjà proches du sol et que le dos se redresse facilement, une brique à plat peut suffire. La hauteur maximale de 22 cm est rarement nécessaire pour une assise classique, mais elle peut devenir pertinente dans certaines installations ou pour des personnes qui ont besoin d'une base très haute afin de réduire la tension dans les hanches.

Le résultat ne se mesure pas à la profondeur du pli des jambes. Il se repère dans la qualité de la verticalité: le sacrum s'alourdit, le sternum peut s'élever sans être projeté en avant et le menton reste parallèle au sol. Si la brique est trop haute, le poids peut partir vers les genoux ou créer une sensation d'équilibre précaire. Si elle est trop basse, le bassin s'effondre en arrière et le pratiquant doit contracter en permanence les muscles du dos.

Pour le Vajrasana, la brique peut être placée entre les talons afin de réduire l'angle de flexion des genoux et de rendre l'assise plus accessible. Là encore, la stabilité et le confort ne sont pas les seuls critères. Il faut vérifier que les genoux ne reçoivent pas une pression excessive et que la hauteur ne force pas le bassin à partir trop loin vers l'avant. Un second bloc, placé dans la longueur ou sous les ischions selon la morphologie, peut parfois offrir une installation plus équilibrée qu'un seul support très haut.

Le résultat est souvent immédiat: le dos se verticalise sans effort musculaire conscient, la respiration s'ouvre et le diaphragme descend plus librement. Pour une méditation longue ou une séance de pranayama, cette économie posturale change tout. Le pratiquant n'a plus à « tenir » son dos; il peut le laisser s'installer, et l'attention se porte enfin sur le souffle plutôt que sur la posture.

La surélévation évite aussi un effet fréquent chez les personnes dont la souplesse des adducteurs est limitée: les genoux restent loin du sol, le bassin recule, le dos s'arrondit et la respiration devient courte. Dans ce cas, ajouter de la hauteur ne force pas les hanches à s'ouvrir. Cela permet simplement au squelette de se placer de manière moins coûteuse pendant que la mobilité évolue à son rythme.

Une assise qui ne demande pas de vigilance permanente

Pour savoir si la hauteur est bien choisie, restez quelques respirations sans chercher à corriger volontairement le dos. Observez si la mâchoire se serre, si les épaules montent ou si les pieds et les genoux doivent constamment changer de position. Une assise adaptée ne supprime pas toute sensation, mais elle évite que l'inconfort devienne le centre de la pratique.

Il est également utile de distinguer l'inconfort d'étirement de la douleur articulaire. Une tension diffuse dans les hanches peut évoluer avec la respiration; une douleur précise dans le genou, la cheville ou le bas du dos demande de sortir de la posture et de revoir l'installation. La brique ne doit jamais servir à immobiliser une articulation dans une position qu'elle ne tolère pas.

C'est probablement l'usage le plus sous-estimé de la brique, et le plus pertinent pour tous ceux qui passent de la pratique physique à la méditation assise. Une fois la hauteur trouvée, le bloc devient un ancrage silencieux, une base stable sur laquelle le corps se pose sans vigilance. On peut y rester longtemps sans lutter contre l'arrondissement du dos ni réajuster la position à chaque respiration.

La bonne hauteur n'est pas celle qui vous fait toucher le sol. C'est celle qui vous permet de cesser de penser à la posture.

Trouver sa hauteur, c'est accepter d'ajuster

Il n'existe pas de hauteur idéale universelle. Il existe une hauteur juste pour votre corps, votre souplesse du jour et la posture visée. Le positionnement des blocs de yoga ne répond donc pas à une règle unique: il repose sur l'observation des appuis, de la respiration et des compensations qui apparaissent dès que le support est trop bas, trop haut ou trop instable.

Avant une prochaine séance, prenez quelques minutes pour comparer les orientations plutôt que de choisir automatiquement la position la plus basse. En posture assise, placez une brique à plat sous les ischions et observez la position du bassin. Recommencez sur la tranche. Dans une posture debout, testez l'appui de la main sur la tranche, puis sur la hauteur maximale — environ 22 cm pour un modèle de 22 × 11 × 7 cm — en vérifiant à chaque fois la stabilité du bloc et la liberté du souffle.

Dans le Triangle, demandez-vous si la hauteur choisie permet de garder le torse ouvert et les deux flancs longs. Dans une flexion avant, regardez si les mains peuvent pousser dans le support sans arrondir le dos. En méditation, vérifiez surtout si le bassin reste stable sans que les genoux ou les lombaires prennent toute la charge. Ces observations valent davantage qu'une consigne générale du type « toujours utiliser la brique debout » ou « descendre dès que possible ».

La progression peut ensuite se faire par petites étapes. On commence avec la hauteur qui rend la posture claire, puis l'on réduit le soutien lorsque le corps conserve spontanément la même organisation. Parfois, cette évolution prend la forme d'une brique passée de 22 cm à 11 cm; parfois, elle consiste à garder la hauteur maximale tout en transférant moins de poids dans la main. La progression n'est pas uniquement une affaire de distance au sol.

La brique de yoga hauteur et alignement sont donc liés par une idée simple: le support doit rapprocher le corps de son intention, pas l'éloigner de ses sensations. Une brique ferme et bien positionnée peut rendre une posture plus exigeante dans la présence, tout en la rendant moins agressive pour les articulations. Une brique plus basse peut, à l'inverse, demander davantage de contrôle qu'un appui haut, parce qu'elle réduit la marge disponible.

La bonne hauteur est celle qui vous donne assez d'espace pour respirer, assez de stabilité pour rester présent et assez de précision pour sentir ce qui travaille réellement. Elle peut changer d'une posture à l'autre, d'un côté à l'autre et d'un jour à l'autre. C'est justement ce qui fait de la brique un outil d'alignement, et non un simple accessoire: elle ne décide pas à la place du corps, elle rend ses choix plus lisibles.

Questions fréquentes

Comment choisir la hauteur de ma brique de yoga ?
La hauteur se choisit en fonction de la distance réelle à combler pour maintenir l'alignement, et non selon un niveau de pratique. Testez les trois orientations pour observer laquelle permet de garder le dos long et les épaules ouvertes sans effort excessif.
Quelle est la différence entre une brique en mousse, en liège et en bois ?
La mousse est légère et confortable, idéale pour le soutien passif ou les genoux. Le liège offre une excellente adhérence et stabilité pour les postures debout, tandis que le bois est rigide et stable, parfait pour les appuis fermes et la méditation.
Pourquoi ma brique de yoga glisse-t-elle ou bascule-t-elle ?
Un bloc peut basculer s'il est posé sur une surface trop molle, sur une arête instable, ou si la pression exercée n'est pas verticale. Assurez-vous de placer la brique sur un tapis stable et de tester l'appui avec une pression progressive.
Dois-je toujours essayer de réduire la hauteur de ma brique ?
Non, la progression ne consiste pas à réduire systématiquement la hauteur. La bonne hauteur est celle qui rend l'organisation de la posture claire et permet une respiration libre, quel que soit le niveau de souplesse.
Comment utiliser une brique pour améliorer ma posture assise ?
Placez la brique sous les ischions pour surélever le bassin. Cela aide à libérer la courbure lombaire et permet aux genoux de descendre plus facilement, facilitant ainsi une assise verticale sans tension.

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