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Le yoga comme levier thérapeutique pour apaiser les traumatismes profonds

Une publication relayée par Medical Xpress met aujourd'hui des mots sur ce que beaucoup de praticiens observent dans leurs studios: le yoga peut devenir un appui précieux pour les personnes qui…

mis à jour 15 août 2026

Le yoga comme levier thérapeutique pour apaiser les traumatismes profonds

connaissez ce moment où, en déroulant le tapis, quelque chose se dénoue — pas dans la tête, mais dans le corps. Une publication relayée par Medical Xpress met aujourd'hui des mots sur ce que beaucoup de praticiens observent dans leurs studios: le yoga peut devenir un appui précieux pour les personnes qui portent les traces d'un trauma, en complément d'un suivi thérapeutique. Une recherche de l'Université d'Oslo, menée par la doctorante et psychologue Kari Evelin Arellano Lorentzen, rassemble pour la première fois les retours d'adultes ayant traversé des expériences traumatiques complexes dès l'enfance et ayant intégré le yoga à leur parcours de soins.

Ce que disent les participants

Dans cinq études internationales passées au crible, puis lors d'entretiens approfondis avec treize adultes recrutés via des services de santé spécialisés, des écoles de yoga thérapeutique et des structures municipales, un même fil se dessine. Les pratiquants évoquent une connexion retrouvée à leur corps et à leurs ressentis, le sentiment d'avoir enfin « quelque chose à faire soi-même » et, peu à peu, la certitude que la guérison reste possible. L'un d'eux confie: « J'arrive à me détendre d'une manière que je n'avais jamais connue. J'apprends à respirer. Jusqu'au jour où j'ai commencé le yoga, je ne respirais pas normalement depuis aussi longtemps que je m'en souvienne. »

Pourquoi ça résonne avec notre pratique

Le yoga ne remplace pas la thérapie — l'autrice le souligne avec force — mais il ouvre une autre porte. Quand la parole échoue à dire l'indicible, quand le récit de soi devient une charge, le tapis propose un autre langage: celui du souffle, de la posture, de la présence. Lorentzen note que pour certaines personnes, cette voie corporelle permet d'approcher des émotions longtemps évitées, sans la pression de « trouver les bons mots ».

Pour nous, enseignantes et pratiquants, cela confirme une intuition de terrain: adapter la pratique — proposer des alternatives, laisser de la place aux micro-pauses, honorer le silence — n'est pas un confort superflu. C'est ce qui rend le yoga réellement accessible à des corps qui se sont, parfois très tôt, mis en mode protection.

Ce que nous pouvons faire dès demain

Si vous accueillez des élèves qui traversent ce type d'histoire, trois ajustements simples suffisent à ouvrir un espace plus sécurisant. Proposez toujours un plan B plus doux à chaque posture, afin que personne n'ait à choisir entre s'engager et se retirer. Nommez explicitement qu'il est permis de s'arrêter, de fermer les yeux, de simplement écouter sa respiration — même pendant toute la séance. Et offrez, en début ou en fin de cours, quelques minutes de retour à soi guidé, sans consigne de performance.

Pour les pratiquants qui lisent ces lignes en cherchant un appui après des expériences difficiles: choisissez un cours animé par un enseignant formé à l'approche thérapeutique, et gardez votre suivi psy ou médical bien en place. Le yoga vient en complément, jamais à la place.

Ce soir, quand vous déroulerez votre tapis, rappelez-vous que la respiration la plus modeste compte autant que la posture la plus avancée. Vous n'avez rien à prouver — simplement à être là, avec ce qui vient.

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